Le moment clé de cette séance arrive sur la terrasse de la tour.
De là-haut, le paysage s’ouvre complètement.
Les marais, les routes qui se croisent, le vide autour.
C’est là que je leur propose quelque chose de simple.
Descendre. Courir sur la route en contrebas. Être loin. Très loin de moi.
Je reste en hauteur. Eux sont en bas.
La distance devient physique.
Le couple disparaît presque dans le cadre.
Cette image, souvent prise pour une photo aérienne, ne l’est pas.
Elle raconte autre chose.
Elle raconte le moment où Alexis a cessé de penser à l’appareil photo.
Où Marion et lui se sont retrouvés seuls, vraiment seuls, malgré la séance.
Il a fallu plusieurs essais.
Attendre qu’il n’y ait plus de voitures.
Anticiper les passages.
Ajuster le timing.
Au troisième essai, Alexis a éclaté de rire.
Marion l’a attrapé par la main et ils ont couru sans que je leur demande.
À ce moment-là, ils n’étaient plus en train de « faire une séance photo ».
Ils étaient juste eux.
C’est précisément là que quelque chose s’est débloqué.
La distance a libéré le couple.